Mobilité
Le leasing social de voitures électriques
Quels bénéfices climatiques et économiques pour quel coût d'investissement ?
Permettre aux ménages modestes de remplacer leur voiture thermique par une voiture électrique louée à un tarif avantageux : voilà une mesure qui permettrait tout à la fois de protéger ces ménages des chocs énergétiques, diminuer la dépendance du pays au pétrole et contribuer à atteindre ses objectifs climatiques.
Déjà déployé avec succès en France et en Suède, ce dispositif figure dans le programme du gouvernement fédéral belge. Beaucoup de modalités restent cependant à définir : qui pourrait en bénéficier ? Quels véhicules seraient éligibles ? Quel serait le montant de l’aide publique ? Comment cet investissement serait-il financé ? Et quels bénéfices climatiques et économiques peut-on en attendre ?
Pour éclairer le débat public et les décisions à venir, les Shifters Belgium ont mené une étude pour quantifier les impacts de cette mesure en Belgique.
Qui pourrait en bénéficier ?
Les Shifters ne se prononcent pas sur les critères d’éligibilité mais présentent deux scénarios. Le premier concerne les travailleurs, salariés ou indépendants, dont les revenus nets sont parmi les 40 % les moins élevés et qui parcourent plus de 8 000 km par an à titre professionnel. Le second inclut l’ensemble de la population, active ou inactive, appartenant aux 20 % de revenus nets les plus faibles et parcourant plus de 13 000 km par an.
En supposant que 50 % des bénéficiaires potentiels recourraient au dispositif, cela représenterait près de 187 000 bénéficiaires dans le premier scénario et près de 135 000 dans le second.
Quels véhicules seraient éligibles et quelle aide publique ?
Pour que les bénéfices économiques et climatiques soient au rendez-vous, les Shifters retiennent comme critères de base que les véhicules proposés soient exclusivement électriques et pèsent au plus 1 800 kg.
Le niveau de l’aide publique aura un effet direct sur le loyer mensuel payé par les bénéficiaires. Sur base de l’exemple français, une aide comprise entre 6 500 et 9 500 € par véhicule permettrait de ramener le loyer mensuel dans une fourchette de 100 à 200 €.
Cette aide pourrait être plus importante pour les modèles fabriqués en partie en Europe afin de soutenir l’industrie et l’emploi européens.
Quels impacts ?
À partir de ces hypothèses et de nos calculs, l'étude dégage quatre résultats principaux :
- Les bénéficiaires économiseraient au moins 1000 € par an sur leurs dépenses de carburant.
- Sur la durée de vie des véhicules, le leasing social permettrait d’éviter entre 1,1 et 1,6 million de tonnes de CO2.
- La réduction des importations de pétrole ferait économiser environ 200 millions d’euros par an, allégeant ainsi la balance commerciale et renforçant la souveraineté du pays.
- L’investissement total de l’État est estimé entre 900 millions et 1,8 milliard d’euros sur toute la durée du dispositif. Cette dépense serait répartie sur plusieurs années et pourrait être financée par les recettes de l’ETS2.
Le leasing social de voitures électriques apparaît comme une mesure structurante face aux crises pétrolières, permettant des gains économiques, géopolitiques et climatiques durables.
Avec cette étude, les Shifters Belgium souhaitent apporter des éléments chiffrés sur ces impacts aux parties-prenantes et aux décideurs, et sont disponibles pour en discuter.
Les documents
Lire le rapport Leasing Social Voitures électriques, The Shifters Belgium (octobre 2026).




